Voyage en Palestine – Témoignage

Rédigé par Hilda

Voyage en Palestine

En juillet 2002, une dizaine de membres des Voix des Garennes s’est rendu en Palestine, comme beaucoup d’autres groupes, pour rencontrer la population des territoires occupés, l’assurer qu’elle n’est pas encore tout-à-fait oubliée, et pour témoigner des situations qu’elle vit, puisqu’Israël interdit la présence d’observateurs officiels.

Ce voyage a été réalisé avec le soutien logistique de l’Association Belgo-Palestinienne (ABP), qui nous a préparé un itinéraire et des rencontres, et a organisé le logement et l’encadrement sur le terrain.

Les participants à ce voyage étaient Colette Sancy, Colette Jamotte, Marie-Odile Audras, Dominique Gihousse, Christine Moreau, Carole Grandjean, Anne Dubocquet, Annie Thonon, Vincent Verhaeren et moi-même.

Ceci est un extrait de mon carnet de voyage, une journée et une nuit de notre parcours.

Hilda

Mission Civile en Palestine  Les Voix des Garennes

Mission Civile en Palestine
Les Voix des Garennes

Mardi 23 juillet 2002

Nous quittons Gaza pour Jenine. L’approche se révèle difficile. Partout des barrages militaires. Notre taxi essaie plusieurs chemins, échange des infos avec d’autres conducteurs. Toutes les routes semblent bouclées. Nous gagnons à pieds un village d’où un autre taxi nous emmène et cherche à atteindre Jenine. Il nous dépose en hâte à une petite infirmerie à l’extérieur de la ville, pour regagner son village avant le couvre-feu (20h). On nous apprend qu’il y a du grabuge à Jenine. Un soldat israélien a été blessé et les chars patrouillent la ville, tirent en l’air et avancent l’heure du couvre-feu, sans préavis. Il y a des blessés, parait-il.

Au pas de course dans Jenine assiégée

Au pas de course dans Jenine assiégée

Nous sommes accueillis par un médecin et des ambulanciers. Un voisin, journaliste, nous rejoint. On ne peut pas entrer dans Jenine. Impossible d’atteindre le lieu prévu pour notre hébergement.

Les ambulanciers nous demandent de les accompagner en ambulance pour aller chercher le médecin qui doit nous recevoir. Vincent, Annie, Christine et Carole y vont. En route, ils vont transporter une personne blessée à l’hôpital. La présence des Européens empêche les soldats de tirer sur l’ambulance. Cependant le médecin en question ne pourra pas venir, il a été blessé par balle il y a quelques jours.

Les rencontres prévues sont donc annulées à cause du couvre-feu, remplacées par l’accueil chaleureux de la petite équipe médicale qui nous trouve des lits et de quoi manger. Ils sont gentils, courageux sans fanfaronnades, jeunes et sans beaucoup d’espoir.

Toute la nuit, rafales, bruits de chars et d’avions, explosions. Au matin, on apprend que le couvre-feu est pour 24 heures. Impossible de bouger ou de partir. Repos forcé, ce mercredi 24 juillet. On peut parcourir quelques rues avoisinantes, et se rendre chez le journaliste. Sa femme parle français. Elle est ravie de nous recevoir. Elle a besoin de parler. Cela fait des mois qu’elle vit bouclée dans la ville et chez elle. Depuis 2 ans, elle est allée une fois à Naplouse. Elle nous explique que ce qui s’est passé cette nuit est courant, fait partie de la stratégie de la tension, « pour nous tenir éveillés », dit-elle en riant.

Finalement, nos hôtes pensent qu’on peut se risquer à partir, vu qu’on se trouve loin du centre de la ville. Nous partons, en fin d’après-midi, pour Zababdeh, le village natal de Naim Khader, où vit encore toute sa famille. Naim Khader fut un des premiers représentants des Palestiniens en Belgique, pacifiste et charismatique, assassiné à Bruxelles dans les années 80 par le Mossad.

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